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Les hommes et l’équilibre alimentaire

Les français et l’équilibre alimentaire

Un constat s’impose. Lorsqu’on interroge un panel représentatif de la population française, 72% des personnes interrogées pensent respecter l’équilibre alimentaire. Cependant, lorsque l’on compare leurs apports nutritionnels aux ANC (Apports Nutritionnels Conseillés), il apparaît que seuls 3% d’entre eux suivent vraiment les recommandations.

SU.VI.MAX. a démontré que certains hommes avaient une consommation insuffisante en fruits et légumes. Comment se nourrissent réellement les hommes en France ?

Les hommes et leur alimentation ?

L’observatoire des consommations alimentaires nous a donné un classement de la population française en fonction des habitudes alimentaires. Cette typologie des consommateurs révèle six groupes dont trois sont à majorité masculine :

Le groupe 2 : « Les gros mangeurs diversifiés » représentent 14% de la population. Ce groupe est constitué à 80% d’hommes âgés de 25 à 54 ans, dont 35 % vivent en région parisienne. La fréquence du surpoids et de l’obésité est importante : 45 % de ces hommes ont un index de masse corporelle entre 25 et 30, et 10 % sont obèses (index de masse corporelle supérieur à 30). Ils consomment principalement du pain, du beurre, de la viande, en particulier des viandes en sauces, des sucres et dérivés. Ce qui explique la forte prévalence des problèmes de poids. Leurs apports en vitamines et oligo-éléments sont relativement corrects car leur alimentation est diversifiée. On note cependant qu’ils ne consomment pas assez de fibres et qu’ils présentent des apports modérément inférieurs à la moyenne en vitamine C, vitamine B9, carotène et calcium.

Les conseils à prodiguer à ce groupe de mangeurs : limiter la consommation d’aliments à densité énergétique élevée, augmenter la consommation de fruits et légumes (densité énergétique faible), augmenter l’activité physique.

Le groupe 4 : « Les jeunes mangeurs » représentent 14 % de la population. C’est aussi un groupe à prédominance masculine : 60% d’hommes âgés de 18 à 34 ans en moyenne, 38% d’entre eux vivent en région parisienne. Ce groupe est marqué par une faible prévalence de l’obésité malgré une alimentation très orientée vers les aliments comme les biscuits, les sodas et le chocolat. On note une consommation importante de féculents. La faible prévalence de la surcharge pondérale s’explique par une activité physique plus importante qu’à un âge plus avancé. C’est dans ce groupe qu’on trouve des insuffisances d’apports assez notables, en particulier en ce qui concerne le carotène, la vitamine A, la vitamine C, la vitamine E et la vitamine B9.

Conseils à donner au groupe 4 : diversifier l’alimentation (en particulier les fruits et les légumes), prévenir l’obésité (limiter les aliments à densité énergétique élevée).

Le groupe 6 : « Les gros mangeurs monotones » représentent 11% de la population. Il s’agit d’hommes à 90%, âgés de 25 à 54 ans. Ils sont 45% à être en surpoids et 8,8% à être obèses. Leur alimentation est principalement basée sur la consommation de produits assez riches en graisses comme le fromage et la charcuterie. Ils mangent également des abats, des pommes de terre et boivent du café. L’un des facteurs qui caractérise ce groupe est la forte consommation de boissons alcoolisées (20% des apports énergétiques). Le niveau socio-économique est plus bas. On note des déficits notables d’apports en carotène, en vitamine C en particulier mais aussi, à moindre niveau, en vitamine E et en fibres.

Les conseils : prévenir l’obésité (favoriser là encore les aliments à densité énergétique faible comme les fruits et les légumes) et limiter les aliments à densité énergétique élevée dont l’alcool.

Outre les déficits en nutriments que nous venons d’évoquer, plusieurs constatations s’imposent. Tout d’abord, les groupes ayant la prévalence d’obésité la plus forte sont ceux qui ont la densité énergétique la plus importante (groupes 2 et 6). Pour ces deux groupes, le beurre est le principal vecteur de lipides puisqu’il représente 11 à 16% des lipides totaux. Pour le groupe 2 et le groupe 4 (« gros mangeurs diversifiés » et « jeunes mangeurs »), ce sont les frites qui présentent le deuxième vecteur, soit un apport de 4 à 5% des apports lipidiques totaux. L’alimentation reste donc encore trop riche en graisses par rapport aux ANC. On déplore également une sédentarité encore trop importante puisque, selon le baromètre Santé Nutrition, 40% des hommes et 60% des femmes n’atteindraient pas le seuil minimal d’activité physique recommandé.

De ce fait :

  • Il y a une inadéquation entre les apports recommandés et les apports réels.
  • Les messages de santé publique relatifs à la limitation des risques de santé sont encore nombreux à faire passer : équilibre alimentaire, activité physique…

Dans la lutte contre le surpoids et l’obésité, il faut favoriser la consommation des aliments à densité énergétique faible, dont les fruits et les légumes, qui permettent aussi l’obtention d’un statut nutritionnel satisfaisant en vitamines et oligo-éléments.

Alors, faut-il supplémenter tous les hommes ?

La réponse est non, mais il ne s’agit pas d’un non à 100%. Il faut continuer à informer et à favoriser l’éducation nutritionnelle. C’est le but du PNNS (Programme National Nutrition Santé), dont la première action est de conseiller la consommation de cinq fruits et légumes par jour. Cela représente, par exemple, la consommation d’une pomme, d’une orange, de 100 grammes de carottes râpées, de 150 grammes de chou vert et de 120 grammes de brocolis. Cette consommation régulière permet en outre un apport suffisant en fibres et autres substances protectrices dont le rôle physiologique commence à être connu (antioxydants comme le lycopène de la tomate et les autres caroténoïdes…).

Cependant, malgré ces conseils qui sont et vont être répétés à travers différentes publications, la presse grand public ou le discours des professionnels de santé, il ne sera pas simple de modifier l’équilibre alimentaire de toute la population masculine et d’arriver à limiter les déficiences existantes.

Dans ce cas, chez les hommes ne pouvant ou ne sachant pas faire ces modifications alimentaires, on peut proposer une supplémentation en suivant en quelque sorte l’exemple SU.VI.MAX., c’est-à-dire en complémentant avec des antioxydants : vitamine C, bêtacarotène et aussi vitamine E, plus particulièrement en ce qui concerne les groupes 4 (« les jeunes mangeurs ») et 6 (« les gros mangeurs monotones »), ou encore en proposant un supplément en vitamines et oligo-éléments répondant aux ANC.

Aujourd’hui, les personnes qui utilisent des compléments alimentaires ne sont pas forcément celles qui en ont le plus besoin. On observe d’ailleurs que les individus qui prennent des compléments alimentaires se préoccupent plus de leur santé et ont une alimentation plus saine que les non consommateurs.

Pour mémoire et d’après une enquête de l’observatoire des consommations alimentaires datant de 1998-1999, il y a en France 30% de consommateurs de compléments vitaminiques et minéraux, dont 8 à 10% sont des consommateurs réguliers.

Parmi les compléments alimentaires choisis, la vitamine C et le magnésium représentent 50% des achats.

Il est souhaitable et nécessaire d’orienter le conseil de la supplémentation en vitamines et oligo-éléments vers ceux dont l’alimentation est trop monotone et insuffisamment variée. Ce sont souvent ces mêmes personnes qui ont le plus besoin de conseils diététiques.

Conclusion

Il faut faire connaître aux hommes la variété alimentaire, en particulier en ce qui concerne les fruits et légumes, et proposer une modification réelle et profonde de leurs modes de vie. Cependant, il est souhaitable de supplémenter ceux dont les habitudes alimentaires ne permettent pas d’obtenir un statut nutritionnel optimal.

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